Né de l'éventail
Physionomie de la ville: Un esprit planificateur
Le margrave Charles Guillaume, fondateur de la ville, et Friedrich Weinbrenner, grand architecte et urbaniste, ont largement influencé le caractère de la ville: le château et le remarquable plan en éventail sont les emblèmes typiques de la ville baroque - la couronne de rayons unique se retrouve jusque dans les atlas et les encyclopédies. Par contre, la nette influence néoclassique est due à Weinbrenner : lorsque le fils de charpentier Friedrich Weinbrenner revint dans sa ville natale en 1800 après six années d'études à Rome, il fut chargé de l'expansion urbaine. Aujourd'hui encore, les visions de Weinbrenner marquent la physionomie de la ville. Les trois places monumentales, la Marktplatz, la Rondellplatz et l'Ettlinger Tor, le long de l'actuelle allée Karl-Friedrich-Strasse sont d'une grande valeur architecturale incontestée. Toute l'évolution historique et architecturale de la ville se concentre sur l'axe médian de l'éventail, appelé de nos jours «Via Triumphalis». Celui-ci illustre parfaitement l'esprit planificateur qui a toujours fait autorité dans la ville-éventail. Certes, beaucoup de bâtiments de l'époque Weinbrenner ont été détruits pendant la Seconde Guerre mondiale; toutefois le concept architectural n'a pas seulement survécu à la troisième fondation de la ville après la guerre, mais également à l'expansion continue de la métropole. Enfin, c'est également à lui qu'on doit le symbole de Karlsruhe, la pyramide de grès sur la Place du marché à l'endroit même du tombeau du fondateur de la ville. En dépit de son dynamisme, Karlsruhe a su conserver son charme d'antan et sa vue d'ensemble plaisante.
Bien qu'il n'ait pas toujours été simple de respecter à la lettre la structure en éventail, chaque génération d'urbanistes a réussi à associer les aspects historiques et contemporains avec harmonie; au-delà des anciennes portes de la ville, certains projets novateurs ont été réalisés: la cité Dammerstocksiedlung, sous la direction de Walter Gropuis en 1929, le Rheinpark Rappenwört ou encore la cité modèle Baumgartensiedlung au début des années soixante.
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Via Triumphalis:
artère principale du centreDe date plus récente, l'assainissement du Dörfle entre 1970 et 1995, au cœur même de la ville, a mis l'accent sur de nouveaux aspects. Il en est de même pour le concept de délestage du trafic urbain qui, dans les années 70, a donné naissance aux différentes zones piétonnières dans le centre ville. Les anciens parkings sont devenus des lieux de rencontre, la vie animée de la Ludwigsplatz en est un bon exemple. Ville verte: lors de la fondation de Karlsruhe, les espaces verts comptaient déjà parmi les caractéristiques de la ville-éventail. En 1967, Karlsruhe a renoué avec les traditions en organisant l'Exposition fédérale d'horticulture dans le jardin zoologique municipal qui héberge le plus vieux jardin japonais d'Europe et dans le parc du château. Un tronçon de l'allée périphérique passant devant le château, appelée Zirkel, a été remplacé par un tunnel souterrain, depuis la ville et la Place du château forment une unité.
Le développement du centre ville est également à l'ordre du jour au début du 21e siècle. Pour ce, la «Via Triumphalis» a pour mission de raviver les activités et le développement du centre. Certains projets ont incité la ville à concevoir un concours d'idées directrices d'urbanisme pour être parée au moment venu.
Au cours des dernières décennies, de nombreuses solutions aux questions architecturales et urbanistes ont également dû être trouvées au-delà du centre ville, comme par exemple dans la ville-mère de Durlach, où l'assainissement a fidèlement respecté les plans historiques. Le terrain industriel désaffecté de la Brauerstrasse au sud-ouest a été réaménagé: un bâtiment industriel classé, à l'origine une usine de munitions, peut s'enorgueillir d'être devenu une adresse culturelle de renommée internationale en hébergeant le Centre d'Art et de Technologie des Médias, le musée «Sammlermuseum», la Galerie municipale et l'Académie des réalisation artistiques. Non loin de la Place du marché, la «Nordstadt», cité la plus récente de la ville, se développe depuis le milieu des années 90. Lorsque les forces armées américaines et leurs familles ont quitté Karlsruhe en 1995, la société de gestion immobilière Volkswohnung, s'est consacrée à la mission titanesque d'assainir et d'agrandir les bâtiments existants, et d'en construire d'autres pour offrir à quelque 7.500 habitants un tout nouveau quartier résidentiel.
Au sud-est, à cinq minutes en bicyclette du centre, le terrain appartenant autrefois à la compagnie de chemins de fer est actuellement transformé en un quartier résidentiel pouvant accueillir 6000 personnes et réserver 80000 mètres carrés à l'implantation d'une zone d'activités professionnelles. Sur 34 hectares, 11 sont couverts par le parc municipal du sud-est: il s'étire comme une colonne vertébrale à travers le paysage. Le cercle de verdure citadine s'étire dans toute la partie sud pour se refermer sur le jardin zoologique municipal en plein centre-ville.
Helga Riedel
Karlsruhe - centre dynamique au coeur de l´Europe· De la résidence princière à la ville moderne · Berceau de la démocratie et résidence du droit
A la pointe de la recherche et des sciences · Le secteur technologique, bastion économique· Karlsruhe, c'est toujours un peu les vacances
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